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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 11:20

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"Tu n'as encore rien vu, tu dois aller à Fukushima !" Affiche JR, novembre 2011

 

 

Dans la série, la catastrophe nucléaire de niveau 7 de Fukushima n'existe pas, aujourd'hui "Je vais faire du tourisme à Fukushima!". Depuis quelques semaines en effet, les stations de trains de la région de Tôkyô ont été recouvertes de posters faisant la promotion du tourisme dans le Tôhoku, région du nord-est du Japon, ravagée par le tsunami et la catastrophe nucléaire. Avec des slogans accrocheurs "J'y vais dans le Tôhoku!" (ikuze tôhoku), "C'est maintenant ou jamais d'y aller" (ima ikanakute, itsu ikunda), un graphisme années 70, et des prix cassés pour les week-end de décembre, la compagnie de train privée Japan Railway (JR) invite ses usagers à aller visiter et découvrir les curiosités locales des préfectures de Miyagi, Iwate ou encore Fukushima.

 

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Ce qui est intéressant dans cette campagne est le non-dit. Officiellement, il ne s'agit que de fêter le premier anniversaire de la ligne Shinkansen reliant Tôkyô à Aomori. Il est évident cependant que cette campagne de promotion répond à une chute des ventes de billets pour cette région. Rappellons qu'à la différence du tremblement de terre de Kobe en 1995, le nombre de volontaires qui sont allés apporter leur aide dans les régions sinistrées est relativement faible. Ainsi alors que le mot de Tôhoku évoque la catastophe du 11 mars, celle-ci est quasiment absente de l'argumentaire de la campagne, et pour cause. Est-il réellement responsable de faire la promotion du tourisme dans la préfecture de Fukushima, pour prendre l'exemple le plus dramatique, alors que l'état de santé de nombreuses personnes semble se dégrader, et que les appels pour l'évacuation des habitants se multiplient? Imaginons que l'URSS lance une campagne de promotion du tourisme à Tchernobyl, que n'aurait-on dit?"

 

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C'est le moment ou jamais d'y aller" Affiche de JR, novembre 2011

 

Car si les promoteurs du nucléaire au Japon se sont tus - une publicité vantant la sécurité des centrales ferait sans doute un mauvais effet - la voix du déni et de l'oubli n'a jamais été aussi forte. Dans le cortège d'indécence, avec les diverses campagnes faisant la promotion des produits agricoles de Fukushima, cette campagne trouve sûrement sa place. Le seul message cohérent servi à la population, pourtant à la recherche d'informations et de conseils, reste aujourd'hui celui d'une promotion aveugle d'une région sinistrée, "par solidarité". Certes, le sujet de la catastrophe nucléaire n'est pas absent des médias. Mais il est aujourd'hui ravalé au rang de simple fait divers. Un sujet dont on a honte et qui semble être devenu quelque peu tabou dans le quotidien de beaucoup de Japonais.

 

 

Publicité télévisée de la campagne de JR
 

 

Philippe Tanaka

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 09:44

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 10:05

Cette chanson est un véritable pied-de-nez à l'industrie nucléaire japonaise. Les auteurs reprennent les propos rassurants de la Compagnie d'électricité de Tôkyô (Tepco) pour en faire des paroles ironiques. Ils invitent notamment ceux qui font la promotion du nucléaire à aller travailler dans un réacteur. Le titre signifie "Allons travailler pour Tepco!" (東電に入ろう, tôden ni hairô). Il s'agit là d'un jeu de mot car la prononciation peut également siginifier "Abolissons les réacteurs en renversant Tepco" (倒電に廃炉). Cette chanson est une reprise de "Andorra" du chanteur de folk Pete Seeger.

 

 

 

Paroles:

 

Y-a-t'il des volontaires dans le public,

pour aller travailler pour Tepco?

Est-ce que quelqu'un veut faire sa fortune?

Car Tepco est à la recherche de personnes compétentes

 

Refrain

Allons travailler pour Tepco, Tepco, Tepco,

Travailler pour Tepco, c'est le paradis sur terre

Que tous les meilleurs hommes rentrent à Tepco

Et tombent comme des feuilles, morts

 

S'il y en a qui veulent avoir le frisson

Ils peuvent venir quand ils veulent chez Tepco

On a tout ce qu'il faut, de l'uranium, du plutonium,

Se faire employer comme sous-traitant, c'est tranquille!

 

Refrain

 

Tous ceux qui font la promotion du nucléaire

Venez s'il-vous-plait sous le coeur d'un réacteur

Cela ne vous fera rien de mal dans l'immédiat,

Prenez une douche et c'est tranquille!

 

Refrain

 

Le nucléaire est une énergie propre

Le plutonium, ça fait pas si peur que ça

Après tout, pour réduire sa radioactivité de moitié,

Cela ne prendra que 24 000 ans

 

Refrain

 

Pour soutenir les besoins d'énergie du Japon

On doit dépendre du nucléaire

Il est inévitable qu'il y ait quelques irradiations

Gargarisez-vous d'un bain de bouche et tout sera tranquille!

 

Refrain

 

Rassemblez tous les déchets nucléaires

Mettez-les dans des fûts, ça ira

Faites-les refroidir dans une piscine de Rokkasho-mura

Il ne reste plus qu'à attendre seulement 300 ans

 

Refrain

 

L'eau fuit de partout, mais gardez votre sang froid

De la fumée sort, mais ne paniquez pas

Le toit s'est envolé, mais tout va bien,

On va refroidir tout ça avec de l'eau de mer!

 

Refrain

 

Il n'y a pas vraiment de danger dans l'immédiat

Mais jetez quand même votre lait et vos légumes

Le grand homme du gouvernement nous l'a dit,

Nous paierons les indemnisations avec vos impôts!

 

Refrain

 

Les compteurs geiger sont en rupture de stocks

Vous n'avez pas besoin d'en possédez un

Nous publierons les niveaux de radiation

Seuls ceux qui nous croient seront sauvés!

 

Refrain (bis)

 

 

Une version live en bonus!



 

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 21:03

 

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Rassemblement de 10000 travailleurs à Tokyo, 2 mai 1920

 

 

Dans son ouvrage Organised Workers and Socialist Politics in Interwar Japan, Stephen S. Large apporte à sa manière un éclairage sur la période dîte de « démocratie de Taishô » en s’attachant à décrire l’extraordinaire vitalité du mouvement ouvrier et des idées socialistes de cette époque.

 

Les publications en français sur le Japon de l’ère Taishô (1912-1926) sont plutôt rares. Il s’agit pourtant d’une période essentielle à la compréhension du Japon contemporain. On peut noter tout de même la publication récente de l’ouvrage collectif Japon Pluriel 8 (1) qui dans la lignée de La modernité à l’horizon  poursuit une réflexion sur l’apparition de la modernité au Japon. Dans son ouvrage Organised Workers and Socialist Politics in Interwar Japan, réédité par Cambridge University Press en 2010, Stephen S. Large apporte à sa manière un éclairage sur la « démocratie de Taishô » (2), en s’attachant à décrire l’extraordinaire vitalité du mouvement ouvrier et des idées socialistes à cette époque.

Divisions au sein du mouvement ouvrier

Il nous plonge ainsi dans les affrontements qui mettent aux prises anarchistes, socialistes et bolcheviques au sein de la principale organisation syndicale de l’époque, la Nihon Rôdô Sôdômei (Union générale des travailleurs japonais). Créée en 1919, la Sôdômei est dirigée par des socialistes qui lui donnent une orientation politique en incluant le suffrage universel parmi les revendications. Les anarchistes, bien qu’ayant leur propres organisations syndicales – la Shin.yûkai (Société des vrais camarades) et la Seishinkai (Société pour un vrai progrès) – sont également présents dans le syndicat. Minoritaires, ils prennent cependant le contrôle en 1920 de la Fédération du Kantô (région de l’Est du Japon) grâce à leurs bastions dans les aciéries de Tôkyô. Leur influence est telle qu’au Congrès d’Ôsaka de 1921, les délégués de la Fédération du Kantô orientent les débats autour de deux questions : l’utilisation de la grève générale au lieu du parlementarisme - action directe contre réformisme-  et la décentralisation de la confédération. Echouant à modifier l’orientation réformiste de la Sôdômei, les anarchistes n’en constituent pas moins une menace que les socialistes s’emploient à éliminer (3)

organisedworkersjapan-copie-1.jpgC’est alors qu’apparaissent sur la scène syndicale les communistes (léninistes), avec la création en 1922 du Parti communiste japonais. Une rivalité parfois violente, restée sous le nom d’ana-boru (anarchistes versus bolchéviques), s’installe entre les deux courants politiques (4). Les socialistes entendent bien profiter de cette situation et acceptent une alliance avec les communistes pour évincer du champs syndical les anarchistes. Dénigrés dans toutes les publications socialistes, devant faire face à la concurrence du modèle marxiste-léniniste qui connaît un succès jusqu’à dans ses rangs, le mouvement anarchiste s’épuise et vit ses dernières heures. L’assassinat en 1923 de l’anarchiste Osugi Sakae, durant les jours de chaos qui suivirent le tremblement de terre du Kantô (5), marque symboliquement la fin du mouvement.

Les anarchistes une fois évincés, la rivalité latente entre communistes et socialistes devient manifeste. Elle atteint un tel niveau de violence qu’elle se conclut, malgré des tentatives de conciliation, par l’exclusion de l’ensemble des militants communistes en 1925. Ceux-ci créent alors leur propre syndicat, le Nihon Rôdô Kumiai Hyôgikai (Conseil des syndicats ouvriers japonais). Divisé en deux camps rivaux, le mouvement ouvrier connaît sa "première grande scission" (Dai-ichiji bunretsu).

Les divisions du mouvement ouvrier organisé s’observent aussi au niveau politique. Alors que le suffrage universel masculin est établi en 1925, ce ne sont pas moins de trois partis socialistes qui entrent en lice. Les dirigeants de la Sôdômei rejettent toutes discussions avec le Hyôgikai et d’autres organisations, désignés rapidement comme communistes. Ils créent en 1926 avec un syndicat paysan, le Rôdô Nômintô (Parti ouvrier et paysan). Les organisations communistes en sont formellement exclus mais les militants peuvent y adhérer à titre individuel. Les dirigeants de la Sôdômei, chez qui les sentiments anti-communistes sont de plus en plus virulents, décident alors de se retirer et de créer unilatéralement leur propre parti, le Shakai Minshûtô (Parti social-démocrate).  Mais le sectarisme de la Sôdômei à l’égard des communistes a crée des tensions en son sein. Une faction menée par Asô Hisashi espère pouvoir réunir les deux « partis prolétariens » en un seul parti centriste (6). La simple révélation par voie de presse de ce projet conduit à l’expulsion d’Asô en 1926 de la Sôdômei, et au départ de près de 6000 travailleurs qui lui sont fidèles. C’est la "deuxième grande scission" (dai niji bunretsu) de la Sôdômei. Ils créent un nouveau syndicat, le Nihon Rôdô Kumiai Dômei (Union des syndicats ouvriers japonais), tandis qu’Asô fonde avec son entourage, le troisième parti socialiste, le Nihon Rônôtô (Parti ouvrier paysan).

Du socialisme « réaliste » à une complète coopération avec l’Etat

L’idéologie adoptée par le Shakai Minshûtô évolue rapidement, au gré d’une période marquée par d’importants changements. Alors que pour les élections de 1925, ce parti social-démocrate se réclamait d’un socialisme « réaliste » (genjitsushugi), capable de négocier avec l’Etat le vote de lois sociales, il s’oriente dans l’après 1929 vers un abandon de toute référence au socialisme, en tant que projet de société. L’heure, selon les cadres du parti, n’est plus au socialisme mais à l’ultranationalisme et ils décident de s’adapter à cette situation. On observe un phénomène similaire de capitulation du mouvement socialiste en Allemagne à la même époque face à la montée du nazisme (7).  Stephen S. Large propose d’ailleurs, en conclusion de son ouvrage, une très utile comparaison des échecs du réformisme dans ces deux pays.

S’ensuit une coopération croissante avec l’Etat japonais. L’auteur en donne quelques exemples édifiants. Les socialistes se fourvoient ainsi complètement quand le parti au pouvoir, le Minseitô (Parti démocratique constitutionnel) promet en 1930 une loi donnant un cadre légal au syndicalisme. Combattu par un puissant lobby patronal, le Zensanren (pour Zenkoku Sangyô Dantai Rengôkai, « Association nationale des groupes industrielles »), le projet est enterré l’année suivante. Par ailleurs, le soutien  de la Sôdômei à la guerre impérialiste menée par le Japon en Asie est croissant. Le syndicat créé des caisses de solidarité pour les familles dont le père ou le fils est sur le front et décrit cette guerre, dans sa revue Rôdô, comme la défense des peuples asiatiques face à l’impérialisme occidental.  La Sôdômei adopte dans les années 1930 les principes du sangyô kyôryoku (coopération industrielle), visant à faire collaborer les travailleurs à l’effort de guerre et du sangyô heiwa (paix industrielle) qui se caractérise par une réticence à l’usage de la grève.

Le terrain est prêt pour les années 1938-1940, décrites parfois comme étant celles du naufrage (chimbotsu) du mouvement ouvrier. Le gouvernement Konoe lance en 1938 les « Associations patriotiques industrielles » (Sangyô Hôkoku-kai, appelé parfois Sampô) dont le but est de détruire ce qui reste du mouvement ouvrier organisé. La Sôdômei, signant par la son propre acte de mort, encourage ses membres à rejoindre les associations. C’est une première étape dans la constitution d’un « Système Nouveau » (Shintaisei) voulu par ce gouvernement Konoe, qui sera suivi par la création d’un parti unique totalitaire, le Taisei Yokusankai (Association de soutien à l’autorité impériale) en 1940.

Par une ironie tragique, le gouvernement militariste n’a pas eu à achever lui-même le corps gisant à l’agonie de la gauche japonaise. Le 3 juillet 1940, le Shakai Minshûtô s’autodissout, suivi quelques jours après par la Sôdômei. Le Japon était enfin prêt à s’enfoncer dans la « Vallée des ténèbres » (kurai tanima), expression désignant au Japon les années noires du militarisme.

Le legs de l’expérience « démocratique » de Taishô

Dans Organized workers and socialists politics in interwar Japan, Stephen S. Large nous offre ainsi une description très réaliste des débuts du mouvement ouvrier japonais et fait revivre des débats oubliés entre réformistes et révolutionnaires grâce à l’utilisation de nombreuses sources primaires, et en particulier de la presse ouvrière de l’époque. Cependant et malgré une certaine émulation du mouvement ouvrier durant la « démocratie de Taishô », il est important de remettre les choses à leur place et de souligner la faiblesse relative du mouvement syndical, le taux de syndicalisation ne dépassant pas à cette période les 7,9% de la population active, à son plus haut point en 1931. Certains n’ont pas manqué à cet égard de souligner une incompatibilité entre des idées venant de l’Occident et un paternalisme industriel proprement japonais. Mais l’auteur prend le contre-pied de ces thèses nationalistes, et explique ce faible taux de syndicalisation par une répression policière constante, parfois meurtrière, qui aurait rendu difficile l’activité syndicale.

A l’appui de cette thèse, on ajoutera qu’on observe à la fin de la guerre une montée fulgurante du syndicalisme – plus de 50% de travailleurs sont syndiqués en 1946 – alors que la répression a disparu et que les forces alliées d’occupation soutiennent dans un premier temps la création de syndicats (8). Cette montée est aussi la preuve que le travail de milliers de syndicalistes et socialistes japonais dans ces années noires n’a pas été vain puisqu’il a légué au travailleurs japonais d’après-guerre une certaine culture de l’organisation et du conflit. De cet ouvrage, on retiendra une donnée essentielle pour comprendre le Japon d’après-1945, mais aussi les évènements actuels dans le monde arabe : bien loin d’avoir été exporté comme un « modèle occidental » par les Américains, la démocratie et le désir de liberté était déjà enracinés dans la société japonaise.

 

Philippe Tanaka

 

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(1) Noriko Berlinguez-Kôno et Bernard Thomann (dir.), Japon Pluriel 8. La modernité japonaise en perspective, Editions Philippe Picquier, Arles, 2011.

(2) Bien que l’Ere Taishô s’étend de 1912 à 1926, plusieurs auteurs font démarrer cette période « démocratique » en 1905 et la prolonge jusqu’à la montée du militarisme dans les années 1930.

(3)  Ils obtiennent cependant quelques victoires symboliques comme l’abandon du Dai nihon (Grand Japon) dans le nom du syndicat, en raison de la connotation impérialiste de cette expression.

(4) Sur cette rivalité, on pourra lire avec profit le fascinant et terrifiant Haut-le-cœur de Takami Jun, narrant la déchéance morale d’un jeune syndicaliste face à la montée du militarisme.

(5)  Il y eut aussi des pogroms contre les Coréens qui firent 3000 victimes

(6) le terme de « centriste » (chûritsu) doit s’entendre ici comme une voie médiane entre l’aile gauche (sayoku), le Parti ouvrier et paysan, et l’aile droite (uyoku), le Parti social-démocrate.

(7)  Cf. Daniel Guérin, La peste brune, Maspero, Paris, 1976.

(8) Sur le mouvement ouvrier d’après-guerre, cf. Paul Jobin, Maladies industrielles et renouveau syndical au Japon, Editions de l’EHESS, Paris, 2006

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 16:02

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NODA Yoshihiko et Barack Obama lors du sommet de l'Apec 2011

 

Le sommet de l’Apec (Asia-Pacific Economic Cooperation) qui s’est déroulé le 12 et 13 novembre 2011 aux Etats-Unis, à Honolulu, aura vu le gouvernement japonais prendre une décision historique, en acceptant de rejoindre les discussions sur le traité de libre-échange TPP (Trans-Pacific Partnership). En effet, après quelques hésitations en raison d’une très forte opposition des paysans, le premier ministre NODA Yoshihiko a annoncé la veille du sommet l’entrée du Japon dans ce traité. Cela va avoir des conséquences sur l’économie de l’archipel mais aussi sur la politique interne.

 

Bilan du sommet de l’Apec

 

L’infomation avait bruité dans les médias depuis plusieurs semaines. Le premier ministre avait décidé d’annoncer la participation du TPP le jeudi 11 novembre, puis repoussé au vendredi en raison de négociations internes au Parti démocrate japonais (PDJ) sur les conditions de cette participation.

 

Un compromis semble finalement avoir été trouvé avec la création d’un parfait oxymore : le premier ministre en annonçant la participation du Japon aux TPP, qui signifie la fin de tout protectionnisme, a également promis que les intérêts nationaux seront préservés. Difficile d’imaginer pourtant comment l’agriculture japonaise pourra faire face à l’afflux de produits agricoles à bas coûts des Etats-Unis ou de l’Australie. Ni comment le système de sécurité social survivra aux obligations de libéralisation des services publics que ce traité va engendrer. Le président des Etats-Unis Barack Obama, qui voit dans l'Asie un nouveau marché pour l'exportation, a félicité le Japon pour cette décision qualifiée d’ « historique ».

 

 Il n’est pas peu de dire que cette décision est plutôt mal reçue par une population peu encline à entrer dans une zone de libre-échange. Un sondage a d’ailleurs montré que moins d'un tiers de la population y était favorable. Et l'opposition n'est pas que dans la rue. A son retour au Japon, le premier ministre a du répondre aux questions des parlementaires de son propre camp dans une séance parlementaire qui a pris les allures d'un procès. On lui reproche notamment de tenir un double langage, l'un au sommet de l'Apec où il aurait promis au président américain que l'ensemble de l'économie, service y compris, sera inclus dans le processus de libéralisation, et l'autre dans son pays où il conditionne l'entrée du Japon dans le TPP "si cela ne va pas à l'encontre de l'intérêt national". Une communication qui semble n'avoir pas porté ses fruits et Noda se voit aujourd'hui affublé d'un nouveau surnom un brin moqueur, "M. Double-langue" (nimaijita)

 

Une alternance politique ?


Cette décision impopulaire risque de brouiller un peu plus les cartes du jeu politique au Japon. Certains ont voulu voir dans la victoire du PDJ en 2009, une alternance politique digne de la victoire de la gauche en 1981 en France. Or, si le PDJ était bien doté d’un programme social-démocrate centré sur la relance de la consommation et l’aide aux plus démunis, c'était oublier un peu vite qu’une large partie des parlementaires du PDJ sont des transfuges issus du Parti de droite, le Parti libéral-démocrate (PLD). Et que pour beaucoup, leur présence au sein de cette formation dîte « de centre-gauche » s’expliquait par simple opportunisme politique.

 

De fait, la plupart des mesures sociales du PDJ n’ont pas été mises en place et ne verront certainement jamais le jour – gratuité des autoroutes, déplacement d’une base militaire américaine de l’île d’Okinawa, création d’allocations familiales, droit de vote pour les étrangers, etc… Une fois HATOYAMA Yukio évincé, KAN Naoto puis aujourd’hui NODA Yoshihiko se sont employés à mettre en place une politique conforme à l’idéologie néo-libérale : participation à un traité de libre-échange aujourd’hui, en attendant la politique de régression sociale promise par Noda : doublement de la taxe sur la consommation prévu pour mars 2012, mais aussi rigueur budgétaire. Face à un tel volte-face du parti de « centre-gauche », les citoyens Japonais risquent d’être quelque perdus.

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 11:52

小沢一郎

 

Que n’a-t-on entendu ces derniers mois sur la « gestion calamiteuse » de la catastrophe du 11 mars par le gouvernement de KAN Naoto. Alors même, qu’à bien des égards, le premier ministre Kan a su prendre des décisions courageuses – engager son pays sur la voie d’une sortie du nucléaire notamment, aujourd’hui remis en question – on n’a voulu voir en France qu’une contestation grandissante manipulée en partie par la presse japonaise – Yomiuri Shimbun et Asahi Shimbun en tête –, par le Parti libéral-démocrate (PLD), mais aussi par une faction interne au Parti démocrate du Japon (PDJ), menée par OZAWA Ichirô.

 

Ce nom ne vous dit rien ? Il s’agit pourtant d’une homme-clé dans la nébuleuse politique japonaise, un transfuge de génie qui a réussi a passer en quelques années de la tête du PLD, au sommet du PDJ. Celui que l’on surnomme au Japon, le « shogun de l’ombre ».

 

 

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Il fait justement l’objet d’une biographie politique en anglais, signé par le journaliste japonais OKA Takashi, intitulé Policy Entrepreneurship and Elections in Japan : A Political Biography of Ozawa Ichiro. Cette biographie, bien que fort intéressante s’avère rapidement n’être qu’une tentative grossière de glorification d'Ozawa : guère étonnant lorsqu’on apprend au début de l’ouvrage que Oka est un proche collaborateur d’Ozawa. Cette proximité oriente au final, l’ensemble de l’ouvrage qui fait l’impasse sur les affaires de corruption auquel est lié l’homme fort du PDJ. Son approche est pourtant intéressante car elle permet de comprendre jusqu’à quel point Ozawa Ichirô a été au centre du monde politique japonais ces dernières années, sans jamais prendre le pouvoir. Il est souvent accusé de tirer les ficelles en coulisses, ce qui lui doit son surnom de "shogun de l'ombre".

 

 

La thèse de l'auteur est cependant insipide et ressemble plus à un plaidoyer. Ozawa, farouche partisan de l’ « individu contre le groupe », serait un entrepreneur du politique, qui a réussi à "réformer" son pays. Oka s’engage dans une défense hasardeuse de son client. Ozawa, un militariste ? Il a en effet à plusieurs reprises déclaré vouloir faire du Japon un « pays normal » (futsû no kuni). Si pour tous les Japonais, cette expression signifiait sans l’ombre d’un doute le retour sur l’interdiction de faire la guerre, voire la possibilité de se doter de l’arme atomique, Oka explique pour sa part qu’être un « pays normal » signifie seulement "adopter les valeurs vertueuses de l’individualisme à l’occidental". Ozawa, un transfuge, une girouette dit-on encore ? Après avoir été parlementaire au PLD, Ozawa a créé son propre parti, le parti libéral, pour finalement rejoindre le parti dît de centre-gauche, le Parti démocrate du Japon (PDJ) au pouvoir depuis 2009. Que nenni, pour Oka, le plan secret d’Ozawa en passant de la droite à la gauche était de construire patiemment un système bipolaire, avec alternance. Et quid des affaires ? Le lecteur n’en apprendra rien.

 

Au final, Oka essaye dans cet ouvrage de créer un mythe avec Ozawa et cherche à prouver son caractère unique dans le monde politique du Japon. Pourtant, avec son avidité du pouvoir palpable, Ozawa Ichirô ne reste qu’un politicien comme tant d’autres au Japon. Il est aujourd’hui mise en examen pour une affaire de financement occulte depuis le 31 janvier 2011. Il est accusé d’avoir falsifié ses comptes de campagne lors d’élections en 2004 en omettant de déclarer une somme de 400 millions de yens. Une bagatelle. Il comparaît depuis le 6 octobre dans un procès très médiatisé au Japon. Bien qu’il plaide non-coupable, un proche collaborateur également incriminé a déjà reconnu avoir falsifié les comptes de sa campagne.

 

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 17:16

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Carte réalisée par Asahi Shimbun, 15 novembre 2011

 

Une nouvelle carte de la contamination des sols au césium 137 révèle que la zone concernée est bien plus étendue qu'on ne l'imaginait au départ. Ainsi l'île septentrionale d'Hokkaidô a également été contaminée, de même que le sud-ouest de l'île principal d'Honshu et l'île de Shikoku. Seuls Kyûshû, l'île au sud du Japon, et bien entendu Okinawa, semblent avoir été épargnées.

 

Cette carte est issue de recherches effectuées par des scientifiques Américains, Européens et Japonais et a été publiée le 14 novembre dans un article de l'édition en ligne des Proceedings of the U.S. National Academy of Sciences (PNAS) intitulé "Cesium-137 deposition and contamination of Japanese soils due to the Fukushima nuclear accident".

 

Les auteurs rappellent que le césium 137 est l'élément radioactif qui pose le plus problème aujourd'hui car il contamine l'ensemble de la chaîne alimentaire. "Décontaminer les sols là où c'est possible et limiter l'accès dans les zones où cette décontamination est impossible est un enjeu urgent" rapellent les auteurs qui espèrent que "cette carte de la contamination au césium 137 aidera à coordonner les efforts de décontamination au Japon".

 

Pire. La contamination pourrait en fait être encore plus importante que ne le montre cette carte. En effet, cette carte est une simulation établie à partir des rejets d'éléments radioactifs en provenance de Fukushima. Mais, comme le reconnaissent les auteurs, les rejets qui ont eu lieu la première semaine de la catastrophe, jusqu'au 19 mars, n'ont pas été pris en compte, faute de données disponibles. Or il s'agit de la période où les rejets ont été les plus importants.

 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 14:42

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La centrale de Fukushima, trou radioactif béant, n'existe plus. C'est du moins l'impression étrange que l'on peut avoir 8 mois après l'accident, lorsque l'on regarde les médias étrangers voire même japonais. Et peu importe si la situation est peut-être pire aujourd'hui qu'au début de la catastrophe. Car en effet, la catastrophe de Fukushima est loin d'être encore sous contrôle, contrairement à ce que laisse croire récemment la visite "rassurante" effectuée par quelques journalistes japonais et étrangers. Le compte-rendu qu'en a fait l'AFP - copié-collé ensuite sur les sites de Libération et Le Monde entre autres - est d'ailleurs saisissant par son manque de mise en perspective. Le discours lénifiant de la direction de Tepco, servi ce jour-là aux journalistes  embedded, est reproduit tel quel, sans aucun apport critique. On n'y apprend presque rien, si ce n'est que les ouvriers de la centrale "ont pu stopper le processus infernal et parvenir après de longs mois à stabiliser la température du combustible". Ou encore que HOSONO Goshi, ministre de l'environnement, se félicite des progrès et "sens que les conditions se sont améliorées". Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes.

 

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Mais est-ce vraiment le cas? Début novembre, on apprenait de la direction de Tepco que des gaz rares Xénon Xe-133 et Xe-135 avaient été découverts dans le réacteur n°2. Ces gaz étant émis lors de fissions des atomes d'uranium et ayant une durée de vie ne dépassant pas 5 jours, cela signifie qu'une situation de criticité a repris au niveau du corium, entraînant des réactions en chaînes hors contrôle. Si c'est le cas, cela signifie très concrètement qu'une explosion d'hydrogène est encore possible, comme aux premières heures de la catastrophe. La direction s'est voulu rassurante depuis sur ce sujet, estimant l'incident clos.

 

Dans la foulée, on apprenait qu'un robot de déblaiement avait détecté un niveau de radioactivité inédit de 620 millisieverts par heure au-dessus du réacteur n°3. C'est le plus fort taux de radioactivité enregistré depuis que des mesures sont effectuées sur ce réacteur. Il y a encore de nombreuses interrogations sur la situation au niveau des coriums, le magma issu de la fonte des combustibles nucléaires, ce qui impose au minimum de prendre un peu de recul par rapport aux propos victorieux d'une firme, Tepco, qui n'en est pas à ses premiers mensonges.

 

Bilan provisoire de la contamination alimentaire

 

Sur ce sujet, le comportement du gouvernement et des médias télévisés est surréaliste. En effet, plutôt qu'appeler les consommateurs à adopter une attitude prudente à l'égard de certains produits agricoles venant de la région du Tôhoku, les citoyens ont le droit à un véritable déluge de propogande les encourageant à consommer les "bons produits de Fukushima", n'hésitant pas à jouer sur la corde sensible de la solidarité avec les paysans et habitants de la région. L'intention est louable car l'économie de ces régions est durement touchée et la population qui n'a pas été évacuée, dans une situation inextricable - nous reviendrons d'ailleurs prochainement sur les difficultés des habitants de la région à fuir Fukushima.

 

Certes, plusieurs mesures de contrôle de la radiocativité ont été mises en place suite au scandale cet été de la vente d'une  viande contaminée au césium radioactif. Mais quel sens donner à ces contrôles lorsque l'on sait que le ministère de la santé a discrètement relevé, dès les premiers jours de la catastrophe, les seuils de radioactivité à partir desquels un produit est jugé apte à être vendu. La limite pour l'iode 131 a ainsi été fixée à 300 becquerels par kilogramme pour les produits laitiers et l'eau, et à 2000 pour les légumes et fruits, ce qui est extrêment élevé. Concernant le césium radioactif, les limites sont respectivement de 200 pour les boissons et de 500 pour les légumes, fruits, viande et oeufs. Il faut cependant tempérer ces donnés car les seuils fixés sont en deçà des normes de radioactivité autorisées par le Codex alimentaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'OMS étant inféodée, il est vrai, à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dont la mission première est de promouvoir l'usage de l'énergie nucléaire dans le monde.

 

Ceci étant posé, la contamination interne pose tout de même problème. D'abord, car il est purement arbitraire de fixer un seuil à partir duquel ingérer une faible dose d'éléments radioactifs n'aurait aucune incidence sur l'organisme ou l'ADN. Mais surtout, le véritable drame sanitaire qui se joue en ce moment au Japon concerne les enfants. Les limites de radioactivité fixées par les diffférentes normes internationales imposent toujours un seuil différent pour les enfants, beaucoup plus sensible à la radioactivité. Mais dans la pratique, les enfants au Japon consomment les même produits que les adultes. Le problème se pose de la même manière pour les enfants de la préfecture de Fukushima qui seront sans doute les premiers à payer au prix fort cette catastrophe.

 

15 000 personnes défilent dans les rues de Fukuoka

 

En dépit des propos rassurants des compagnies d'électricité, du gouvernement et du patronat japonais, il n'est donc guère étonnant que les Japonais soient toujours opposés à plus de 70% à la poursuite du nucléaire. Et Ils l'expriment haut et fort. Sur le thème "Adieu au nucléaire" (Sayonara genpatsu), 15 000 personnes se sont rassemblées dimanche 13 novembre à Fukuoka, situé au sud-ouest du Japon, avant de défiler dans les rues du centre-ville. Il s'agit pour cette ville de taille moyenne, d'une population équivalente à Marseille, d'une manifestation historique. Parmi les nombreuses banderoles et pancartes présentes dans la manifestation, le slogan le plus populaire reste "On a pas besoin du nucléaire!" (genpatsu iranai). Cette manifestation a eu lieu alors qu'à quelques kilomètres de Fukuoka, la centrale nucléaire de Genkai vient d'être remise en route, seulement un mois après avoir connu un incident technique sur son circuit de refroidissement. Huit mois après le début de la catastrophe nucléaire de Fukushima, colère et lassitude sont palpables chez de nombreux Japonais.

 

 

 

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 10:15

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Tentes installées devant le ministère de l'économie et de l'industrie (Meti), 12 novembre 2011

 

Après plus de deux semaines d'occupation, la tension est montée d'un cran samedi matin autour du village de tentes des antinucléaires, installé devant les portes du Meti.  Une quarantaine de policiers, accompagnés de fonctionnaires du Meti ont entouré les tentes de chaînes. Sur les affichettes jaunes installés, on peut lire "Propriété de l'Etat, les sit-ins sont interdits"

 

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La pression sur ce campement est en fait permanente. Les militants rapportent que tous les matins des employés du Meti viennent taper sur les tentes en disant "il est illégal de rester ici, vous devez partir". Parfois même, ils se font insulter.

 

Il y quelques jours, les antinucléaires avaient également eu droit à la visite de camions d'une organisation d'extrême-droite qui via mégaphone a déversé des messages de haine pendant plus d'un quart d'heure. Cette fois-là, le Meti n'a pas jugé opportun de mobiliser la police.

 

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Cette occupation remporte malgré tout un certain succès. En entourant de chaînes le village de tente, le Meti avait peut être l'idée de se venger d'une action de la veille. En effet, hier soir, vendredi 11 novembre, 1300 personnes ont bravé la pluie pour former une chaîne humaine autour du batiment du Meti. Les participants, surtout des femmes, protestaient contre la remise en marche progressive des centrales nucléaires suspendus temporairement pour inspections.

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 17:46

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Une ferme de Fukushima

 

Conséquence inattendue de l’accident de Fukushima : par un cruel effet de dominos, les éleveurs de Fukushima ne peuvent plus écouler leurs stocks de fumier auprès des agriculteurs de la région. Ces derniers utilisaient jusqu’alors ce fumier comme engrais naturel et en échange fournissaient de la paille de riz pour nourrir les bêtes des éleveurs.

 

Mais la crise nucléaire est passée par là et est venu brisée ce cycle. Les récoltes dans la préfecture de Fukushima ont été réduites de moitié, en raison de la crainte de certains paysans de vendre des produits contaminés ou de la mévente. Car malgré les appels rassurants du gouverneur de la région, de nombreux Japonais évitent soigneusement dans les supermarchés tous les produits agricoles en provenance de Fukushima ou des préfectures attenantes. De même, certains agriculteurs craignent d’utiliser le fumier en provenance d’élevages de Fukushima.

 

Résultat, au bout de la chaîne, les bœufs ont littéralement les pattes dans leurs propres excréments, s’enfonçant parfois jusqu’à 70 cm, ce qui laisse craindre la propagation de maladies dans les élevages de la région. Le gouvernement de la préfecture de Fukushima a donné l’ordre d’évacuer ce fumier dans un endroit approprié, ce qui est impossible pour la plupart des éleveurs. Cette situation s’ajoute au désastre économique qui frappe les éleveurs de la région qui peinent à vendre leur « bœuf de Fukushima ». De la viande de bœuf contenant du césium radioactif avait été trouvée cet été un peu partout au Japon, ce qui avait entraîné une interdiction temporaire de la vente pour les éleveurs de la région. Le problème ne concernait d’ailleurs pas que les bœufs de Fukushima, puisque la source en était la paille de riz donnée aux bêtes qui était contaminée.

 

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"Miso au boeuf de Fukushima"

 

Depuis, malgré de nombreux contrôles de radioactivité effectués dans les élevages de la région, la confiance des consommateurs pour cette viande n’est jamais revenue, ce qui plonge l’ensemble des éleveurs et des agriculteurs dans une situation hautement périlleuse. Il est à craindre malheureusement que le désastre nucléaire, économique et social qui s’est abattu sur cette région se poursuive. Plus de 20% des sinistrés ayant été évacués en mars ont d’ailleurs déclarés ne plus vouloir rentrer chez eux. Et dans la ville de Fukushima, ceux qui le peuvent, continuent à fuir.

 

Philippe Tanaka

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  • : Le Japon est aujourd'hui très connu en France, à travers sa culture populaire - manga, animé - et sa cuisine. Mais que sait-on au juste de cette "face cachée de la lune", située quelque part entre l'extrême-orient et l'extrême-occident ? Au-delà des clichés, ce blog apporte un éclairage sur quelques aspects méconnus de la société, de la vie politique et de la culture populaire dans l'archipel.
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